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LE GÂCHIS DES DÉPARTS DES PLUS DE 50 ANS, PILIERS DES DEUX BOUTS DE LA CHAINE.

24 mars 2021 | Actualités

LE JOURNAL « LE MONDE » RELAYE NOTRE INQUIÉTUDE

Les articles du journal « Le Monde » des 21 et  22 mars (lien ci-dessous) nous alertent si besoin était du gâchis concernant la vague de départs (licenciements) des quinquas.

Un rappel judicieux est fait sur l’absurdité concernant une tranche d’âge qui est loin de la retraite et qui ne trouve plus sa place dans le monde du travail car on la lui refuse.

Premières victimes de la crise, « le Monde » se joint à nous pour dénoncer cette particularité française. Cette tranche d’âge représente les deux tiers des ruptures de contrats dans les plans sociaux et il y a danger!

LES QUINQUAS SONT LA CLÉ DE VOUTE ENTRE LES GENERATIONS

Titulaire d’une chaire humanité et santé, Cynthia FLEURY- PERKINS (professeur au C.N.A.M, philosophe, psychologue et auteur) est en parfaite maîtrise de son sujet. Elle soulignait lors de son intervention sur la chaîne YOUTUBE de l’APEC pour le lancement de « Talents Séniors » que : « les quinquas sont pris en étaux entre le soutient de leurs enfants souvent étudiants et de leurs parents âgés. Ils sont les piliers des deux bouts de la chaîne. »

Les plus expérimentés sont souvent taxés d’un manque d’adaptabilité et de couter cher. Mais les attentes des nouvelles générations ne laissent pas augurer d’une malléabilité si évidente à la « culture de l’entreprise », et leurs attentes (revendications?) sont fortes dès l’entrée dans le monde du travail. La belle glaise qui modelait les entreprises est un concept passé. Comme dans l’ensemble de nos échanges, il n’ y a ni polémique, ni opposition de générations, la richesse est bien dans la multitude, y compris dans ce cas des générations expérimentées. On éloigne de plus en plus de l’emploi cette génération qui  est pourtant la clé de voute entre les générations. La donne est plus culturelle qu’économique.

UN NOUVEAU NIVELLEMENT PAR LE BAS

Si en temps de crises les entreprises ont la nécessité d’avoir le « nez dans le guidon » et que les arbitrages financiers se font souvent par le sacrifice des salaires les plus élevés – théoriquement des quinquas-, alors ne risquent-elles pas le déclassement à la reprise? Une vision bien court-termiste de la gestion d’entreprise. Si la France tend à se niveler par le bas (math, anglais, vocabulaire, chiffres romains bannis…) doit-on prendre le risque de la niveler également par le bas dans sa performance économique en sacrifiant les compétences et les savoirs qui participent fortement à sa compétitivité. Ce n’est en tout état de cause pas le choix qu’on effectués la plupart des pays de l’OCDE, qui offrent à la catégorie un taux d’emploi bien supérieur à la France. (52% chez nous contre 70% en Allemagne par exemple)

Que se passera-t-il donc si au moment du redémarrage, il manque cette clé de voute? Une fois de plus, si l’on se compare à nos amis Allemands, on regrettera le manque de vision, de la même manière que nous avons (contrairement à eux) si longtemps dévalorisé l’apprentissage? Vite : (ré)embauchez de suite un quinqua!

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/22/emploi-le-gachis-des-departs-des-plus-de-50-ans_6074028_3232.html

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/21/marche-du-travail-la-categorie-des-seniors-ni-en-retraite-ni-en-emploi-va-augmenter_6073957_3234.html